Un terrain en pente avec un voisin un peu trop proche, un chien qui creuse sous le grillage existant, un budget serré après des travaux de terrasse : voilà les situations qui poussent à monter sa clôture soi-même. Les options de clôture à faire soi-même ne manquent pas, mais toutes ne se valent pas selon le sol, l’exposition et le niveau d’occultation recherché.
Clôture mixte bois et minéral : l’option que les catalogues ne montrent pas
On voit de plus en plus de brise-vue associant des palis d’ardoise et des lames de bois, montés sur une tranchée unique. Le principe : on alterne des éléments minéraux verticaux (ardoise, pierre reconstituée) et des lames horizontales en bois, fixées entre des poteaux espacés d’environ un mètre cinquante.
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L’intérêt de cette clôture hybride tient à sa stabilité. Le minéral ancre la base, le bois apporte la hauteur sans alourdir la structure. On creuse une seule tranchée peu profonde plutôt que de sceller chaque poteau individuellement, ce qui réduit le temps de pose.
Ce type de clôture mixte convient particulièrement aux terrains en légère pente, parce qu’on peut ajuster le niveau des palis d’ardoise section par section. Sur un sol argileux qui bouge avec les saisons, la souplesse du bois compense les micro-mouvements que la pierre encaisse mal seule.
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Le matériau minéral se trouve en négoce paysager ou en recyclerie de chantier. Les lames de bois, on les récupère sur des palettes démontées ou on les achète en section brute chez un scieur local. Il faut compter un week-end complet pour poser une dizaine de mètres linéaires, outillage de base inclus.

Choisir le bon bois pour une clôture DIY qui tient dans le temps
Le bois reste le matériau le plus accessible pour fabriquer une clôture soi-même. Une perceuse-visseuse, un marteau et une scie suffisent. Mais tous les bois ne vieillissent pas de la même façon en extérieur, et c’est là que beaucoup de projets déraillent au bout de deux ou trois ans.
Bois de palette et bois de récupération
Les palettes sont gratuites ou presque, et on les trouve partout. On les utilise entières (fixées côte à côte entre des poteaux) ou démontées pour récupérer les planches.
Le bois de palette non traité grise et se dégrade vite sans protection. Si on ne prévoit pas au minimum une lasure ou une huile, la durée de vie tombe à quelques saisons. Les palettes marquées HT (traitement thermique) sont les seules à utiliser au jardin, les autres ayant pu être traitées chimiquement.
Planches de douglas ou de mélèze brut
Pour une clôture plus durable, on gagne à acheter des planches de douglas ou de mélèze en scierie. Ces essences résistent naturellement à l’humidité sans traitement autoclave. Le mélèze grise de façon homogène, ce qui donne un rendu propre même sans entretien.
On fixe les planches horizontalement entre des poteaux scellés ou boulonnés sur des supports métalliques. Avec des planches posées à claire-voie (un espace d’un ou deux centimètres entre chaque lame), on obtient un brise-vue partiel qui laisse circuler l’air, ce qui limite la prise au vent.
Poteaux de clôture : scellement béton ou ancrage métallique au sol
La solidité d’une clôture tient à ses poteaux, pas à ses panneaux. On peut poser les plus belles lames du monde, si le poteau bouge, tout gondole en quelques mois.
Deux méthodes courantes pour fixer les poteaux au sol :
- Scellement béton dans un trou de fondation : on creuse des trous d’environ quarante centimètres de côté, on place le poteau, on coule le béton. Méthode fiable sur sol meuble ou sableux, mais lourde à mettre en oeuvre seul sur de longues distances.
- Supports métalliques à enfoncer ou à visser : des platines ou des douilles en acier galvanisé qu’on ancre au sol (à la masse ou au perforateur selon le modèle). Plus rapide, et surtout réversible si on veut déplacer la clôture plus tard.
- Ancrage sur muret existant : sur un muret bas en parpaing, on boulonne des platines métalliques directement sur le béton. Cette option évite tout terrassement et convient quand on surélève une séparation déjà en place.
Les retours varient sur ce point, mais sur sol argileux qui gonfle en hiver, les supports métalliques enfoncés donnent souvent de meilleurs résultats que le béton, qui peut fissurer sous les mouvements du terrain.
Panneaux en bambou et branches tressées : effet décoratif et limites pratiques
Les clôtures en bambou ou en branches tressées séduisent pour leur aspect naturel. On les voit beaucoup dans les jardins qui assument un style organique, presque sauvage. En autoconstruction, deux approches existent.
La première consiste à acheter des canisses ou des panneaux de bambou prêts à poser, qu’on fixe sur une structure de poteaux existante (bois ou métal). La pose est rapide, souvent une demi-journée pour une dizaine de mètres. Le bambou résiste bien aux UV mais peut se fendre sous l’effet du gel répété.
La seconde approche, plus artisanale, utilise des branches de noisetier ou de saule tressées entre des piquets. Le tressage de branches produit une clôture très solide malgré son apparence légère. On récupère les branches lors des tailles d’hiver, on les tresse encore souples, et la structure durcit en séchant.

Pour le bambou comme pour les branches, l’entretien se résume à vérifier les fixations chaque printemps et à remplacer les éléments cassés. Ces clôtures naturelles servent davantage de brise-vue décoratif que de barrière solide contre un animal ou un enfant en bas âge.
Grillage souple habillé de plantes : clôture végétale à petit budget
Le grillage reste la solution la moins chère pour clôturer un jardin. Posé seul, il n’a aucun intérêt esthétique. Associé à des plantes grimpantes, il devient un support de haie vivante qui gagne en densité chaque année.
On tend le grillage entre des poteaux métalliques (piquets en T ou tubes ronds scellés), puis on plante au pied des espèces à croissance rapide : lierre, chèvrefeuille, jasmin étoilé. En deux saisons, le grillage disparait sous le feuillage.
Prévoir un grillage à mailles suffisamment larges pour que les tiges s’y accrochent naturellement. Les mailles trop fines empêchent l’enroulement et obligent à palisser manuellement, ce qui multiplie le travail.
Cette option convient surtout aux clôtures entre voisins où l’occultation peut se construire progressivement. Pour une séparation immédiate, mieux vaut commencer par des panneaux en bois ou en bambou, et réserver le grillage végétalisé aux zones où le temps joue en notre faveur.

